Ce qu’ils nous disent

1- Ginette Couture : ” Ma fierté ”
2- Françoise Gérard : ” Souvenirs, souvenirs ”
3- Daniel Vincent : ” Mes souvenances ”
4- Françoise Gérard : ” Merci Gigi ”
5- Alain Suzeau : ” Mais… J’ai de bons souvenirs ”
6-  Simon Assouline ” Cinquante ans plus tard ”
7-  Marie-Claude Vanhecke : ” C’était mon école ! ”
8- Serge Sulla : ” Ils nous ont tout appris ”
9- Patrick Vuillemin : ” J’étais timide “

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Ma Fierté

Ginette Couture-1

Cette photo a été prise en 1966 avec un professeur très estimé des étudiants :

M. Jankovich qui est parvenu, malgré moi, à me faire aimer les mathématiques.
J étais préfète à l’époque et je portais une toge. Lors d’événements scolaires à BBHS, j’arpentais les vieux corridors, très fière de faire partie de cette institution.
Être préfète ou préfet était en fait une reconnaissance ou une attestation envers les bons

élèves, c’est-a-dire qui avaient un bon comportement et qui pouvaient montrer le bon

exemple lors d’activités telles que la remise des diplômes, les soirées culturelles, etc.

C’était aussi un rôle d’hôtesse, de guide  à l’intention de parents qui venaient visiter ce

bel et vaste édifice qu’était BBHS.

Sur cette photo, il est clair que, en plus d’être une bonne élève, Ginette a aussi la

prestance, la taille haute et fine et un sourire  ravageur, un vrai mannequin, quoi !

 Ginette-Couture

Voici une photo de moi alors que j’étais sur le point de terminer mon secondaire.

C’était en 1967.
Grâce à BBHS et son côté cosmopolite, j’ai fait beaucoup d’amis de tous les coins du

monde. J’ai développé un goût prononcé pour les voyages et l’apprentissage de

différentes langues et cultures. Je me considère très chanceuse d’avoir pu fréquenter

cette belle et fameuse institution.
Je parle le chinois, l’espagnol, l’anglais, le français et je fais quelques excursions linguistiques en vietnamien…

ginette couture
Ginette Couture

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Souvenirs, souvenirs

Je pense que vous vous rappellerez du temps de notre passage dans cette belle école qu’était Baron Byng High School, qui nous a tous marqués.
La plupart des étudiants de la section française arrivaient de Peace Centennial où ils avaient déjà tissé des liens d’amitié forts car ils étaient, dans une grande majorité, des enfants d’immigrants.
Nous arrivions donc sans appréhension au moment de passer du primaire au secondaire. D’ailleurs certains de nos professeurs nous avaient également suivis. La plupart étaient français, certains venaient même d’Europe de l’Est.
BBHS était un lycée anglais qui nous ouvrait ses portes pour accueillir les étudiants français de la 8ème à la 11ème année, et ce dès 1963
Dès les premières semaines, nous avons été intégrés, dans une nouvelle section française au sein de la section anglaise, existant depuis 1920. Les étudiants anglais étaient chaleureux et sympathiques. Nous avons ainsi pu faire partie de clubs sportifs ou culturels comme ceux de soccer, de natation, de volleyball, d’échecs, de photos, etc.
Il n’y avait pas de cantine et nous devions amener notre lunch que nous prenions à l’extérieur de l’école, dans le parc du Mont Royal ou dans le snack d’à côté. Nous y allions même l’hiver et nous nous défoulions en faisant des batailles de boules de neige.
Chaque vendredi midi la salle de gymnastique se transformait en salle de danses ! Il y avait même des concours de rock, de cha-cha-cha. Je me souviens qu’Alain Sanchez et moi avions gagné le concours de rock et avions eu droit à des tickets de cinéma! Tout cela était ‘’bon enfant’’ et j’en garde un souvenir impérissable.
Je me souviens aussi des bals organisés par l’école certains samedi soirs. Les parents nous déposaient devant l’école et revenaient nous chercher plus tard. Des professeurs étaient chargés de nous surveiller.
Pour récolter des fonds pour la Croix Rouge, plusieurs fois par an était organisée une sorte de ‘’ventes aux enchères’’ d’étudiantes et d’étudiants qui devaient monter sur une estrade et se faisaient acheter par d’autres étudiants pour les servir pendant une semaine! Ils devaient alors porter leur cartable, faire leurs courses, leur apporter des boissons, des sucreries, etc.
Il y avait aussi la campagne pour l’élection du Roi et de la Reine de l’année de BBHS. Alors chacun se mobilisait pour son candidat et l’élection se terminait par un grand bal au cours duquel on nommait les élus et on les couronnait.
Et que dire de la sortie de classe en fin d’après midi ! Nous avions notre café préféré ‘’chez Georges’’ où nous nous arrêtions avant de prendre le bus pour rentrer chez nous. Nous buvions un coca ou un ginger ale et nous écoutions sur le juke box les derniers disques de nos idoles : Johnny, Françoise, Sylvie, Elvis, les Beatles.
J’ai aimé faire partie de l’univers de BBHS. J’ai toujours eu de bons souvenirs de ma scolarité comparés à certains élèves d’autres établissements qui n’en ont gardé aucun. Je suis reconnaissante à tous les professeurs qui m’ont donné une bonne instruction, m’ont permis de progresser et de devenir adulte.
Hélas cette école a aujourd’hui disparu. Elle est occupée par une association caritative dénommée ‘’Sun Youth’’.
Cinquante ans plus tard, grâce à l’initiative d’Elisabeth Bire, nous avons pu nous rencontrer au ‘’Party des retrouvailles de BBHS’’ qu’elle avait organisé après avoir retrouvé plus de cinq cents élèves!
En parlant aux uns et aux autres nous avons tous éprouvé cette fierté d’avoir été dans cette école. Je peux vous dire que ce jour-là nous avons retrouvé notre complicité, le souvenir de nos belles années et la joie de nous revoir enfin!
L’émotion était réelle. Nous retrouvions nos amis, nos amours, nos seize ans.

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Françoise Gérard

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 Mes souvenances

Bonjour Toi,

Si tu es ici en train de me lire alors c’est que tu es intrigué par mes souvenirs de BBHS, peut-être ces souvenirs font-ils aussi partie des tiens. Il est probable que, comme moi, tu viens d’un pays lointain, moi c’est la France avec une bifurcation par le Maroc, mais ça c’est une autre histoire. Par-contre cette similitude de cheminement géographique, c’est ce qui faisait la particularité de BBHS, nous étions presque tous des enfants d’immigrants, des français-des belges-des suisses-des grecs-des marocains-des yougoslaves-des espagnols-des algériens et j’en passe, et aussi de toutes religions.

Nous traversions notre adolescence dans une institution qui a su faire sa marque avec le temps, beaucoup de grands personnages de ce pays sont sortis d’entre ses murs avant que ~ nous ~ la section francophone de BBHS n’arrivions, aussi nous avions le devoir de respecter ce passé tout en y imprimant aussi notre page d’histoire sans faire trop de remous. Il est vrai qu’avec la brochette de profs que nous avions …ça aidait. Parlons-en de ces profs. Personnellement quatre d’entre eux m’ont marqué ….. Madame Brocklehurst, Mrs B comme tout le monde l’appelait prof anglophone de dessin industriel qui, malgré le fait qu’elle ne parlait que très peu le français se faisait un devoir de bien nous expliquer sa matière car nous non plus à l’époque ne parlions pas trop bien l’anglais. De plus elle était de toutes les grosses activités para-scolaires qui impliquaient une bonne préparation …. spectacle d’opéra entre-autre… Mr. Little qui, s’il n’a pas réussi à m’inculquer la musique, il a au moins eu le mérite de m’avoir appris à l’apprécier sous toutes ses formes….enfin presque toutes…. Mr. Massinon qui nous enseignait l’histoire et la littérature, d’ailleurs petite anecdote ….. un jour durant son cours de littérature, je lisais en cachette une bande dessinée d’Astérix, il est arrivé sournoisement dans mon dos, m’a tapé sur l’épaule et m’a demandé ce que je lisais, je lui est répondu un roman d’histoire de France et du tac-au-tac il m’a répondu ”pour l’histoire de France Mr Vincent vous vous trompez de cours”…. Pour finir Mr. Yankovitch celui qui m’a donné le goût des maths et de la philosophie. Je dis philosophie car même si sa fonction première était de nous enseigner les maths, sa façon de transmettre ses connaissances tenait beaucoup plus de la philo…. c’était un personnage qui ne laissait personne indifférent. Il me faisait parfois penser à Mr. Spock de Star Trek, car, comme lui, il avait l’habitude d’être d’une logique implacable.

L’un des grands avantages de cette école était qu’elle était bilingue, aussi je peux dire sans trop de prétention que si à notre arrivée nous ne parlions pas l’anglais à notre départ on se débrouillait fort bien, la cause … les cours, m’ouaiii …… mais surtout …. les filles ( pour les gars ) …. les gars ( pour les filles ) anglophones, bien sûr. Et oui l’adolescence c’est la grande valse des hormones et nous n’y avons pas fait exception. Un vrai melting pot social. De plus le parc Jeanne Mance et le Mont-Royal à deux pas ne demandaient qu’à accueillir tous ces tourtereaux qui virevoltaient sur l’heure du midi. Et puis il y avait les 4 ou 5 bals durant l’année avec de vrais orchestres à la mode …. notre mode …. qui nous jouaient des rock du twist et des slowwwwws qui favorisaient les rapprochements …… enfin c’est la rumeur dont j’ai oui-dire entre les branches. Il y avait aussi les sports, alors là on avait le choix, gymnastique-basket-football-soccer-waterpolo – tire à la carabine, et oui il y avait une salle au sous-sol et plus. L’avantage de certains sports était qu’ils nous faisaient visiter d’autres écoles, compétition exige, et puis on avait nos cheerleaders tradition typiquement anglophone par excellence ( vous l’ai-je dit que notre école était bilingue ) présentes à tous nos matchs. De plus une pléiade de clubs sociaux para-scolaires de toutes sortes existait ….. photos – échecs – chorale – musique …. et plus encore. Finalement ce furent de belles années, on ne réalisait pas ce que nous avions, ni ce que nous pouvions en faire. L’avenir nous appartenait et il nous semblait facile de le saisir, et c’est là que la réalité nous a rattrapés ….. nous allions devoir travailler pour gagner notre croûte …et là …c’était pas de quartier….chacun pour soi … haaaa si jeunesse savait et si vieillesse pouvait ….. Et presque 50 ans plus tard voilà-ti pas que l’une d’entre nous, Élisabeth Bire, décide de faire des retrouvailles, c’est tellement facile lorsque l’on est éparpillés aux quatre coins du monde ….de remettre tout ce beau monde en contact …….wowwwwww ….. et voilà ………c’est reparti pour un autre tour….. amusez-vous bien!

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Daniel Vincent

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Merci Gigi !

 Françoise-Girard                           

                                                                                                                                                                                                                                             
Cette photo date du mois d’août 1965. Je l’avais prise pour mon passeport

car mes parents avaient décidé de retourner en France après plus de quatorze ans

passés à Montréal. C’était un drame pour moi qui voulais rester au Québec et qui

avais fait des plans pour l’après BBHS, une fois diplômée, à savoir, intégrer l’école

vétérinaire. J’avais 17 ans.
Cette photo me rend nostalgique car j’allais laisser derrière moi mes camarades,

mes amis, mon école, mes souvenirs d’adolescente et mon petit ami.
Une nouvelle expérience m’attendait en France, mais, au fond, je n’étais pas prête

pour cette nouvelle vie.
Jamais je n’aurais pensé que j’allais retrouver tout cela près de cinquante ans plus

tard, lors de nos retrouvailles de juin 2015.
Je remercie mon amie Ginette Couture, dite Gigi, qui avait gardé cette photo en

souvenir de nos années passées ensemble à Peace Centennial et à BBHS.
Après avoir fait une longue et belle carrière comme pilote sur simulateur de vol

dans un organisme européen pour la sécurité aérienne, je suis désormais une

femme épanouie.

 

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 Françoise Gérard                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             

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Mais… j’ai de bons souvenirs 

suzeau-reportage a. suzeau

Moi qui n’ai jamais aimé l’école, j’ai de très bons souvenirs de BBHS. Après être allé à Peace
Centennial, je suis entré en 8e année à Rosemount High puis à BBHS. J’aimais bien Mr. Zarka
notre professeur de Littérature, intelligent, posé, il était calme dans ses lectures et
explications.Mr. Payé était notre professeur de gymnastique. Il était toujours attentif à ce
que nous ne nous blessions pas lors des exercices. Il était petit, rare pour un ancien
champion de tennis belge. Puis nous avions Mr. Bureau, notre professeur principal, un
enseignant agréable avec un gros bagage pédagogique et il se distinguait par sa petite
moustache. Mr. Little, expert en musique classique et baroque, fan sans limite de
J. S. Bach. Il a quitté BBHS pour un poste important dans le Maine, aux USA. Celui avec
lequel je communiquais le mieux était Mr. Jankovich professeur de mathématiques. Lorsque
nous étions hors de l’école, nous étions des amis. J’avais formé une petite équipe de
cinéastes amateurs en 8 et 16 mm avec d’autres élèves et nous avions fait quelques courts
métrages dont Mr. Jankovich était l’acteur principal avec son costume gris à la Colombo.
Je sautais des cours, principalement ceux de chimie pour aller jouer au billard, deux rues
derrière BBHS.Au fond du resto grec super enfumé par le tabac noir qui nous cachait, nous
jouions à la dernière table de pool à 25 cts “la game” et à notre grande surprise c’était
Mr. Jankovich qui venait nous chercher pour nous ramener à la dure réalité des cours.
Avec d’autres étudiants nous avions formé un groupe sympa de beatniks. Il y avait Richard
Guiot-Bourg à la lead guitare, Victor Lallouz à la batterie, Alain Haffner à la basse, Raphaël
Lallouz au clavier et moi à la clarinette et saxo.
Le professeur de chimie, une jeune anglophone fondait souvent en larmes tellement nous
étions indisciplinés pendant son cours.

suzeau-alain suzeau, hong kong 1967

J’ai quitté BBHS avant ma dernière année et je suis parti avec 20 $ en poche faire un de
mes tours du monde. Cela m’a pris plusieurs années de fantastiques histoires dignes du
capitaine Bonhomme, dans plus d’une centaine de pays.
Parallèlement pendant mes cours à BBHS, je travaillais comme barman. A l’Orée du bois,
au Cachot sur Drummond, à la Casa Loma sur Ste-Catherine, la Prison sur l’île Ste-Hélène
et bien d autres, tout cela avant l’Expo de 1967.
J ai pris quelques cours de cinématographie aux Beaux-arts et plus tard de cameraman
régisseur tv. En 1966 avant Noël, je reçois une proposition pour que j’embarque comme
barman sur un cargo.
Ce jour-là il neigeait énormément, Moi avec mon sac à dos j’ai eu du mal à voir le bateau.
Depuis 33 ans je passe 6 mois dans les tropiques comme une cigale ayant chanté tout l’été.
Je ne regrette pas l’école, sauf les amis que j y ai laissés.

alain suzeau- mars 2017       Alain Suzeau-mai 2016
Alain Suzeau
mars 2017

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Cinquante ans plus tard

z-simom

J’avais pris cette photo 5 ans après mon arrivée au Canada, soit en 1970 pour ma nouvelle carte

de citoyenneté. Lorsque je suis arrivé de Casablanca à Montréal le 2 Mars 1965, je me suis inscrit à

BBHS, Section française, la semaine suivante, j’avais 17 ans.
Je dois avouer que tout était nouveau pour moi : l’école mixte, la neige, le froid, le bus tous les

jours, les danses du samedi soir, les hymnes et la chanson de l’école, etc… Mais ce qui m’a le plus

frappé, c’est la camaraderie instantanée et authentique qui s’est tout de suite manifestée à mon

égard et que je ressentais pour mes camarades de la section française. Je revois ma photo de

classe de 1966 et en ce temps-là, ce qui m’importait le plus c’était de voyager et de découvrir le

monde. Ce rêve s’est en partie réalisé. J’ai été reçu ingénieur à l’école polytechnique de Montréal

et mon travail ma amené à fouler le sol de plusieurs pays.
Les retrouvailles de juin 2015 ont été une occasion extraordinaire de revivre des moments

précieux, avec une centaine d’anciens camarades. Je ne les connaissais pas tous mais la

camaraderie et l’engouement que j’avais pour cette école ont resurgi lors de cette soirée

mémorable. J’y ai retrouvé des amis que j’ai reconnus instantanément, 50 ans plus tard, et dont

le souvenir ne m’avait jamais quitté.   

Simon assouline
Simon Assouline BBHS 1966

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C’était mon école

Baron Byng était une école très spéciale pour moi. Pendant des années, j’ai rêvé de mon école après l’avoir quittée et je me voyais  courir à travers ses longs couloirs. En tant qu’immigrants nous avons été acceptés dans une école qui nous a permis d’être nous- mêmes,  de pouvoir se mélanger aux autres cultures, croyances, valeurs et langues. Ce fut une grande leçon qui s’est avérée très utile dans ma vie d’adulte. Pendant notre scolarité, nous avons été exposés pas seulement à un programme d’enseignements avec des professeurs de hauts  niveaux, mais aussi à la connaissance d’autres cultures. Cela m’a ouvert les yeux et a suscité en moi  une curiosité et un amour pour la géographie. J’ai fait une carrière en tant que directrice de voyage dans une agence. Je vis à Atlanta en Géorgie après avoir passé plus de dix ans à Hawaï.

Marie-Claude
Marie-Claude Vanhecke

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Ils nous ont tous appris

 

serge sulla-2    serge sulla

Logement de mon enfance au 5126 Saint-André (plateau Mont-Royal, quartier ouvrier à
l’époque), où je jouais avec mes amis, dans la rue et les ruelles adjacentes, à la guerre ou aux
cow-boys et aux indiens, “pow, pow t’es mort ! J’allais avec mes sœurs au parc Laurier
à 2 coins de rue de la maison et à la piscine publique et aux manèges. Le dimanche matin,
c’était la sortie au Cinéma Laurier où nous regardions 2 films pour 0.25¢.
Nous étions au 2e étage…

serge sulla-3

Le logement de mon adolescence. Après avoir passé 2 ans au Collège Feller
à Grande Ligne (aujourd’hui St-Blaise) en tant que résident, et, vu la fermeture de l’école,
je retourne vers la famille à Montréal. Mon père avait loué un logement coin des rues
Champagneur et Lajoie. Un bunker du KGB, surtout qu’à l’époque les arbres étaient plutôt
petits. C’est l’époque où j’allais à l’école Victoria, je prenais l’autobus au coin des rues
Champagneur et Bernard, juste en face du Théâtre Outremont. La monitrice du bus était
Liliane Lebas : elle avait une patience d’ange, d’une infinie gentillesse, et une difficulté à
faire l’autorité à la vie dure que les passagers lui faisaient endurer. Changement d’école et
de quartier où je me lie d’amitié avec de nouveaux amis : José-Louis Soto, Max Baillet et
Daniel Green.
Mon séjour au Collège Feller, plus un été intensif aux études privées de ma professeure
du collège, Mme Flowerday, car mon père planifia de retourner en France, m’a valu de
sauter ma 7e année. Je me retrouve à Baron Byng, avec au moins une figure rassurante,
ma sœur Chantal.
Et rebelote, adaptation à l’école, aux horaires, où il y avait beaucoup de grands.
Mon passage à Baron Byng représente un cheminement rempli de bouleversements
personnels, familiaux, politiques et sociaux. Les enseignants étaient plus que des
professeurs : ils nous ont tous appris à acquérir l’esprit critique, de relativiser les
événements, d’avoir une approche humaniste de ce qui nous entoure sans être subjugué par
les émotions. Bref, ils nous ont accompagnés à devenir des citoyens responsables et
pro actifs. Je crois bien, que ce travail sur soit ne s’arrête jamais.

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Serge Sulla

 

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J’étais timide

patrick vuillemin 1963 à BB  Je suis arrivé dans cette grande école en 1964. J’étais auparavant à l école
St-Kevin dans le quartier Côtes-des-Neiges.
Je suis resté à Baron Byng jusqu’en 1966.
A l’époque, j’étais un peu timide mais quand même j’imitais mes professeurs et surtout
M. Jankovich et M. Zarka. Malgré ma timidité, j’étais le pitre de la classe et les autres élèves
m’encourageaient…” Vas-y Vuillemin, imite Jankovich !”
Pendant cette période je travaillais à la cantine côté filles.
Comme j’avais un faible pour certaines étudiantes, j’avais tendance à faire crédit soit pour un
Mae West ou un Joe Louis. En fin de compte, c’était moi qui souvent remboursais le manque
à gagner pour la caisse. J’avoue que j’étais un peu naïf, mais je me souvenais bien de celles
qui m’avaient oublié !
Puis, il y avait les cours d’éducation physique de M. Lefebvre. Je crois qu’il avait été dans les
parachutistes en Belgique. Son cours était comme au service militaire ; marche ou crève !
Il était aussi notre prof de chimie.
Quelle tête il a fait le jour où certains élèves avaient rempli des condoms avec du gaz des
becs Bunsen ! C’était un départ de mini montgolfières…pas très sérieux et surtout dangereux.

En quittant Baron Byng, je suis entré dans la réserve de la marine canadienne.
j’y suis resté un an.

patrick vuillemin 1968-69      180.1

Puis en 1976 je me suis engagé dans la police de Sherbrooke.
J ai été commandant en situation de prises d’otages, négociateur, enquêteur.
En 1997, je fus décoré de la médaille de la police pour services distingués ainsi qu’en 2009
où j’ai eu une deuxième médaille remise par le premier ministre du Québec.

patrick vuillemin -3

Je suis à la retraite depuis 2 ans.

 

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Patrick Vuillemin

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